« Conférences de l’IRCICA sur le patrimoine » : panel sur la sauvegarde du patrimoine culturel en Libye

by OIC IRCICA

Le programme des « Conférences de l’IRCICA sur le patrimoine » a accueilli quatre experts libyens via des connexions en ligne, avec des présentations illustrées sur « Les problèmes de sauvegarde du patrimoine culturel libyen affecté par les facteurs humains et environnementaux », le 9 mai 2024. Le panel a été organisé grâce à la coopération de M. Abdulmotaleb Abusalem, le représentant de l’État de Libye au Conseil d’administration de l’IRCICA qui a assisté au panel, auquel ont également participé le représentant de l’État d’Irak au Conseil d’administration de l’IRCICA, le Dr Sallama al-Khafajy et des spécialistes du sujet de divers pays. En ouvrant le panel, le Dr Alidost Ertuğrul, chef de la section du patrimoine architectural de l’IRCICA, a présenté le programme des « Conférences de l’IRCICA sur le patrimoine » en général et le thème du panel en particulier.

La première oratrice, l’archéologue Mme Majdulin Dahmani du Conseil d’administration des villes historiques de Tripoli, dans sa présentation intitulée « Les risques auxquels est confronté le patrimoine matériel en Libye », a énuméré les dangers et les catastrophes qui ont causé des dommages et des destructions au patrimoine libyen dans les villes, les sites et les monuments comme les conflits armés ; les facteurs climatiques et les catastrophes naturelles telles que l’ouragan, les inondations, les incendies ; la négligence, les constructions et les interventions peu pratiques. Elle a analysé l’impact de ces facteurs sur la conscience de l’identité culturelle des gens symbolisée par les monuments et les lieux. Ces facteurs sont également interdépendants : le fait que les gens soient contraints d’abandonner leurs habitations entraîne la négligence des structures, la perte des connaissances et des pratiques traditionnelles associées aux bâtiments, le manque de savoir et d’autres dégradations.

La deuxième oratrice, l’archéologue le Dr. Nur Alah Ismael, s’exprimant au nom de la vieille ville de Dernah, a abordé « Les effets des catastrophes sur le patrimoine bâti ; les défis complexes de Dernah ». L’oratrice a retracé l’histoire et décrit la position géographique de Dernah, une ville historiquement située au carrefour des cultures. Elle a donné des exemples de sites, de districts et de structures historiques importants montrant leur état avant et après les conflits et l’ouragan, qui ont été les facteurs destructeurs les plus puissants à Dernah ; elle a exposé des cas de restauration et de reconstruction. Elle a également fait allusion à la nécessité de planifier la reconstruction et la restauration avec une vision holistique, en tenant compte de la croissance économique et d’autres processus changeants des villes.

Ensuite, l’architecte Salwa Burgeia du Conseil d’administration des villes historiques de Benghazi a parlé de l’« Impact des conflits armés sur les sites et monuments historiques ». L’oratrice a passé en revue l’histoire de Benghazi qui a vu se succéder des États et des civilisations romaine, byzantine, islamique, ottomane et italienne et le Royaume de Libye jusqu’à nos jours ; et a déclaré que cette histoire marquée par des destructions répétées lors de conflits et des reconstructions a montré la résilience des structures de la ville. Elle a exposé des cas de reconstruction en cours du palais d’Al-Manar, situé à la rue principale de la vieille ville, et d’autres structures, observant que depuis l’Antiquité, l’impact des conflits armés a façonné l’évolution architecturale des villes. Á propos de la question de savoir comment maintenir l’attachement des gens aux vieilles habitations ou aux quartiers qu’ils sont obligés de quitter en raison de leur vétusté ou de leur inadéquation, Burgeia a souligné l’aspect économique, expliquant que si ces structures sont conçues pour générer des revenus en tant que lieux touristiques incontournables, bibliothèques, ou en tant que tout autre lieu culturel, cela contribuerait à valoriser et à sauvegarder ces lieux.

La dernière intervenante, l’architecte Reem Furjani, a fait une présentation sur « Le changement climatique et l’écart entre la Convention du patrimoine mondial et l’état de préparation de la Libye : une analyse critique des instruments universels d’élaboration des politiques ». Furjani a fait référence aux conventions internationales qui établissent des normes universelles pour la préservation du patrimoine, par opposition aux cadres spécifiques au contexte. Elle a souligné que pour que les conventions entrent en vigueur, les pays et les localités devraient être prêts à appliquer les normes, où la préparation dépend d’une combinaison de facteurs, notamment les cadres juridiques, les priorités de développement, la gestion des ressources, l’expertise et la formation des cadres, le climat, la motivation et la mobilisation des acteurs et agents dans chaque contexte local où la préservation doit être réalisée. La capacité des États qui ratifieront les conventions à les appliquer effectivement déterminera quel patrimoine sera protégé. Furjani a également exposé une étude de cas qu’elle a menée sur Tripoli pour mesurer le poids du climat dans les motivations des efforts de préservation, et qui a montré, entre autres, que le patrimoine était considéré comme souffrant de facteurs plus dommageables que le climat, d’où la nécessité urgente de réparer les dommages, avant de les prévenir.

Une riche séance de questions-réponses a suivi. Le panel est enregistré sur YouTube.

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